mardi, 19 août 2008
[J-23] Histoire (3) : Le XXe siècle et les aléas de la politique
Dès le début du XXe siècle, le pays bénéficia d’un grand développement industriel dû à l’exploitation des mines de cuivre en grande partie financées par des sociétés nord-américaines. Pendant ce temps, les problèmes sociaux s’accumulèrent et des partis ouvriers virent le jour. En 1925, l’armée rétablit un régime présidentiel à la place du régime parlementaire qui avait été instauré en 1891. La crise mondiale de 1929 toucha durement l’économie.

En 1938, un gouvernement de Front populaire s’installa; il alterna avec celui des chrétiens sociaux. En dépit de la mise hors-la-loi du communisme, (1948-1958), le Chili sut se faire la réputation d’«un pays de tradition démocratique et progressiste». L’expérience de démocratie chrétienne tentée par E. Frei Montalva (1964-1970) fut observée avec intérêt par les pays d’Amérique latine.
Avec l'arrivée de l'élection présidentielle de 1970, l'opposition de gauche réussit à s'unifier et fonda l'Unité populaire. Le parti désigna Salvador Allende comme candidat. Allende devient alors le premier président élu à partir d'un programme socialiste au sin d'un pays non communiste. Le président Allende mit rapidement en application les promesses faites durant sa campagne.

Il transforma son pays en «État socialiste». Une partie importante de l'économie passa sous le contrôle de l'État, comme les mines, les banques étrangères et les entreprises monopolistiques, qui furent toutes nationalisées. Mais l'opposition de droit mena un dur combat contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende, sans oublier la mainmise des États-Unis dans les rouages politiques. À Washington, Henry Kissinger, alors secrétaire d'État, déclara: «Je ne vois pas pourquoi nous nous croisons les bras sans agir en regardant un pays devenir communiste par l'irresponsabilité de son propre peuple.»
Le 11 septembre 1973, les militaires s'emparèrent du pouvoir, et le président Allende trouva la mort lors de l'assaut du palais présidentiel par l'armée. Aujourd'hui, on évoque officiellement le «suicide» d’Allende dans le tristement célèbre palais de la Moneda! Comme il est d'usage dans presque tous les coups d'État en Amérique du Sud, les États-Unis avaient trempé dans l'affaire.

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lundi, 18 août 2008
[J-24] El rojo del Copihue
Le copihue (Lapageria rosea) est une espèce de plante à fleur. Sa fleur est la fleur nationale du Chili.

Elle pousse dans les bois du centre et du sud du Chili entre Valparaiso et Osorno (à mille kilomètres au sud de Santiago du Chili). Elle peut dépasser les dix mètres de hauteur en s'accrochant sur les arbres. Les fleurs sont résistantes et les feuilles de forme ovale, dures et de couleurs rose ou rouge.
Le copihue, fleur caractéristique des terres du sud du Chili est souvent utilisé dans diverses légendes mapuche (indiens du sud du Chili).
Copih & Hues
Une legende raconte, depuis un bon nombre d'années, que mapuches et pehuenches (deux tribus chiliennes) avaient une princesse appelée Hues et un prínce dont le nom était Copih. Ces deux tribus passaient leur temps à se faire la guerre. Sauf que Copih et Hues s'aimaient fort et se retrouvaient dans le secret de la Foret chilienne.. où les surprirent leurs parents.
Le père Nahuel, à peine vit il sa fille dans les bras du Prince Pehuenche, jeta sa lance en plein coeur de Copih... Le chef Copiñiel fit la même chose avec la belle Hues. Les deux corps tombèrent dans le plus profond de la lagune. Il y eu beaucoup de pleurs, de tristesse dans les deux tribus pour la mort des deux jeunes.
Un an passa, pehuenches et mapuches se reunirent pour se souvenir de leurs prince et princesse. Ils arrivèrent la nuit et dormirent sur la berge. Avec les premières lumières du jour ils virent que du fond de la lagunedeux lances entrecroisées remontaient à la surface. Une plante les avait enlacées, puis de cette plante pendait deux grandes fleurs de forme allongée : une rouge comme le sang et l'autre blanche comme la neige.
Face à ce dit prodige les deux tribus se reconcilièrent et s'entendirent sur le fait d'appeler la fleur Copihue, l'unión de Copih et de Hues
La fleur de sang
Une autre légende raconte que des guerriers survivant des diverses batailles, montèrent dans les arbres pour voir le résultat de la bataille. En voyant leurs camarades morts, ces survivants pleuraient et leurs larmes se transformèrent en fleur de sang. Ainsi les copihues permettent de se souvenir des esprits des soldats morts.
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dimanche, 17 août 2008
[J-25] Landscape in Chile








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samedi, 16 août 2008
[J-26] Cartes des du Chili
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vendredi, 15 août 2008
[J-27] Chère patrie, accepte nos vœux
L'hymne national du Chili a été composé en 1819 par Manuel Robles sur des paroles du poète Bernardo de Vera y Pintado. Il a été modifié en 1847 pour gommer son caractère anti-espagnol.

Le Chili est une jeune nation (200 ans bientôt) qui s'est construite et étendue par la guerre. L'hymne national en est le plus fidèle reflet de cette tumultueuse et conquérante histoire. En effet, pas moins de 5 des 6 couplets exaltent la nécessité de la défense de la mère patrie contre le vil envahisseur. Seul le temps d'un couplet les auteurs prennent le temps d'observer la nature magnifique qui les entoure.
C'est ce seul couplet, et le refrain, qui est usuellement chanté lors des cérémonies officielles ... C'est ainsi la version est la plus "peace and love" qui puisse être.
Dulce Patria, recibe los votos
Puro, Chile, es tu cielo azulado
Pur, Chili, est ton ciel teinté d'azur
Puras brisas te cruzan también
Des brises pures te traversent également
Y tu campo de flores bordado
Et ton champ brodé de fleur
Es la copia feliz del Edén
Est la copie joyeuse de l'Eden
Majestuosa es la blanca montaña
Majestueuse est la blanche montagne
Que te dio por baluarte el Señor
Que t'as donné le seigneur comme rempart
Y ese mar que tranquilo te baña
Et cette mer tranquille qui te baigne
Te promete futuro esplendor
Te promet une splendeur future
Refrain
Dulce Patria, recibe los votos
Chère partie, accepte nos voeux
Con que Chile en tus aras juró
Puisque le Chili s'est engagé sur ton autel
Que o la tumba serás de los libres
A ce que tu sois la tombe de personnes libres
O el asilo contra la opresión
Ou le refuge contre l'oppression
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jeudi, 14 août 2008
[J-28] La grande île lointaine
Combien de voyageurs cette île, officiellement nommée Rapa Nui, littéralement la « grande lointaine », n'a-t-elle pas fasciné ? Nombreux furent ceux qui tentèrent d’en percer les multiples mystères, et plus encore ceux qui échafaudèrent les hypothèses les plus extravagantes sur l’origine de son peuple...
L'île de Pâques est l'un des lieux les plus isolés au monde car la plus éloignée de toute terre habitée, cela peut expliquer le développement d'une culture si particulière. Il y a à peine 30 ans, l’île ne recevait qu’un bateau de guerre par an, apportant vivres et matériel. Elle prit son nom lors de sa découverte par l'explorateur hollandais : l'Amiral Jacob Roggercen qui l'aperçu le soir du dimanche de Pâques le 5 avril 1722.

Il semblerait selon la légende que soit un roi polynésien Hotu Matua chassé des Iles Marquises qui parvint sur cette île vers 500 après Jésus-Christ.
Au fur et à mesure des années, plusieurs tribus se développèrent jusqu'à une douzaine. Ces tribus souvent en guerre commencent pour certaines à ériger des Moaïs pour prouver leur puissance. De nombreux affrontements réguliers provoquent la mort de toute une partie de la population et la destruction d'une partie des statues. Sur l'île, deux peuples cohabitent, se sont les « longues oreilles » et les « petites oreilles », il semblerait que les premiers étaient les maîtres et les suivants les esclaves ( eux taillaient des statues de bois ).
Vers 1500 après J-C, la population atteignait les 10000 habitants, l'île était surpeuplée. Suite à une grande révolte les petites oreilles tuèrent tous les hommes assimilés aux longues oreilles. Selon la légende, il ne laissèrent en vie qu'un seul de ces maîtres. C'est là que la plupart des moaïs furent renverser. La population par la suite commence à baisser progressivement à cause des différents changements écologiques de l'île, notamment à cause de la surpopulation.

Lorsque les Hollandais débarquent sur l'île en 1722, la population ne compte plus que 3000 habitants, la plupart des statues sont soient brisées ou du moins mises à terre. La rencontre entre les explorateurs et les autochtones se passe relativement mal, puisque les Hollandais n'hésitent pas avant de partir à faire feu sur quelques habitants. Cette île devient hollandaise mais en 1770, deux navires espagnols effectuèrent un raid et s'emparèrent de l'île au nom du Roi d'Espagne …
En 1888, le Chili s'empare de l'île de Pâques. Elle est d'abord louée pour un temps à l'Angleterre qui y élève des moutons et ceci jusqu'aux années 60. Ce n'est quand 1966 que les pascuans (habitants de l'île) votèrent pour la première fois.

Le transport là aussi de ces statues de leur lieu de fabrication ( le volcan ) jusqu'à leur destination finale ( parfois à plus de 20 kilomètres du volcan ), reste un mystère. Elles étaient presque toutes amenées au bord de la mer et des falaises
Les fonctions des Moaïs restent mystèrieuses. Certains y voient des fonctions religieuses : des statues dressées en l'honneur de dieux, idoles gigantesques dédiées à la prière et à l'adoration. Ces statues étaient peut-être là dans le but de protéger ces habitants ( des guerres, d'étrangers, d'esprits malfaisants, du climat ? toutes les hypothèses qui iraient dans le sens de la protection sont possibles ). Seraient-ils là pour veiller sur l'île ? Ou bien sont-ils des monuments dressés en l'honneur des morts ?
Ce qui est intéressant de savoir à leur sujet, c'est qu'ils sont tous tournés vers l'intérieur de l'île (le dos face à la mer) et leur regard se dirige toujours vers le ciel, on les surnomme régulièrement «ceux qui regardent les étoiles». Leur physique a soulevé bon nombre de questions. Ils n'ont pas de caractéristiques physiques des Polynésiens. Ils ont des nez aquilins, des lèvres fines, des fronts hauts et de la barbe.

On ne peut pas réduire Rapa Nui au mystère de ses statues, mais il faut y lier étroitement toute son histoire, si dramatique et si terriblement humaine finalement... Il ne faut pas l’aborder comme une île paradisiaque (on y trouve fort peu de cocotiers et seulement deux petites plages) mais plutôt comme une terre capable de soulever l’émotion à chaque moment. Il y a peu d’endroits au monde où l’on ressent sur une surface aussi réduite la force et la richesse d’une grande civilisation, et son combat pour survivre.
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mercredi, 13 août 2008
[J-29] Leurs ancêtres les Mapuches

Selon le recensement officiel de 2002, les Mapuches représentent 4% de la population chilienne (87,3% des indigènes), soit un peu plus de 600 000 personnes. D'autres statistiques en donnent un nombre plus élevé. Ils vivent principalement dans les zones rurales de la région de l'Araucanía ainsi que dans la région des Lacs et la région métropolitaine (autrement dit la capitale, Santiago du Chili).

Une extermination progressive
Originaires des Andes chiliennes, ils ont propagé leur culture aux tribus het et tehuelches, de la Pampa à la Patagonie argentine, entre le XVIIIe et le XIXe siècles. Ni les Incas ni les Conquistadors ne réussirent à les soumettre. Cette formidable résistance a inspiré de nombreuses légendes et poèmes.
C'est le seul originaire d'Amérique latine qui, dit-on, n'a pas été vaincu par la colonisation espagnole, obligeant celle-ci à signer avec ses autorités traditionnelles des traités reconnaissant comme territoires autonomes mapuches, les terres s'étendant, du sud du fleuve Bio Bio jusqu'à l'île de Chiloé.
Mais en 1810 l'indépendance du Chili déclenche un terrible génocide qui fait passer la population mapuche de 1 800 000 à 360 000 personnes en 20 ans .
Malgré une résistance farouche, les Mapuches capitulent en 1883. Selon les titres de propriété qui leur sont remis (les titulos de merced), leur territoire est réduit à 500 000 hectares (ils en possédaient auparavant 10 millions). Les Mapuches sont alors enfermés dans des réserves et "pacifiés", leurs terres spoliées, leur culture niée, leurs traditions et leur langue interdites.
Un peuple organisé
Au XVIe siècle, les Mapuches ou Araucans, organisés en groupes séparés, vivent de chasse et de pêche et d’un peu d’agriculture et d’élevage. Guerriers redoutables, ils ont une extrême habileté dans le maniement de l’arc, du javelot et du casse-tête. Les Mapuches vivaient essentiellement de l'agriculture (horticulture). Leur culture est de tradition orale et leur conduite sociale et religieuse était régie par le Admapu (ensemble de traditions ancestrales, de lois et de normes).
Leur langue est le mapudungun littéralement « parlé de la terre ». Ils pratiquaient un sport assez proche du hockey connu sous le nom de palín (ou chueca) qui se jouait avec un bâton recourbé.
Leur organisation sociale tournait autour de la famille, ils étaient polygames. Les familles mapuche possédant un lien de parenté ancestral vivaient dans des communautés connues sous le nom de Lof (forme basique d'organisation sociale des mapuche réunissant plusieurs familles partageant des terres) et dirigées par un lonko (« tête » en mapudungun).
Une culture ancestrale
Les croyances du peuple Mapuche sont basées sur le culte des esprits des ancêtres (le spirits Pillán), et des esprits et/ou éléments de la nature (le spirits Ngen). Ces esprits ne correspondent pas à des "divinités" comme on pourrait l'entendre dans le monde occidental. Malgré le nombre d'êtres présents dans leurs croyances ils n'ont jamais érigé de panthéons à leur image comme c'est le cas dans d'autres civilisations d'origine andine.
Les figures les plus importantes sont par excellence le Machi (shaman) et le Ngenpin (autorités religieuses). Les croyances et les mythes Mapuche se distinguent par des caractéristiques uniques qui font partie de leur idiosyncrasie.
La musique traditionnelle est principalement religieuse, il existe également de nombreuses compositions sur la Terre Mère (Ñuke Mapu). Ils utilisent différents instruments tel que le cultrún (tambour), pour un usage rituel exclusivement, les cascahuillas' (cloches), la pifilca un sifflet en bois, la trutruca, une tige creuse de coligüe (sorte de bambou) terminé par une corne, ou encore le torompe (sorte de harpe buccale).
Aujourd'hui, une situation préocupante ...
En 1989, la transition démocratique n'apporte aucune amélioration spécifique à la condition de vie des Mapuches. Les multinationales et les riches latifundistes chiliens, qui ont récupéré des milliers d'hectares sous Pinochet, continuent d'exploiter ces terres spoliées et de menacer les Mapuches dans leurs vies et dans leurs traditions.
En 1992, les premiers soulèvements Mapuches ont lieu sans que les gouvernements successifs n'apportent d'autre réponse que la répression.
Pendant ce temps, l'activité forestière galope et les terres Mapuches sont contrôlées à 60% par deux familles. La riche forêt traditionnelle chantée par le poète Pablo Neruda, dans son Chant Général (Neruda est originaire de cette région), fait place à la monotonie des plantations intensives de pins et d'eucalyptus destinées à la fabrication de cellulose exportée, notamment vers le Japon. Ces plantations occupent actuellement 2,1 millions d'hectares et les prévisions pour 2006 sont de l'ordre de 2,6 millions d'hectares .
Aujourd'hui les militants Mapuche luttent donc avec d'autres chiliens contre la déforestation, les mégas projets de centrales hydroélectriques, la contamination de leurs sols par des décharges sauvages, les discriminations économiques, sociales et raciales dont ils sont l'objet, au quotidien.

La présidence de Ricardo Lagos au début des années 200 et l'arrivée des politiques mondiales du "tout sécuritaire" de l'après 11 septembre, relèguèrent les indiens Mapuches au rang de terroristes. Lors de son intronisation en 2006 comme présidente, Madame Michelle Bachelet trouva encore sur son bureau le dossier non réglé des Mapuches ... 500 ans après les premier conquistadors espagnols ...
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mardi, 12 août 2008
[J-30] Histoire (2) : L'indépendance et les gains territoriaux
Lire [J-37] Histoire (1) : Découverte et colonisation
Les premières idées nationalistes prônant l'indépendance chilienne remontent au XVIIIe siècle. Deux mouvements principaux se développèrent : les royalistes, d'un côté, et les patriotes, de l'autre. Leurs combats aboutirent à une première victoire en 1810, date à laquelle, avec d'autres colonies espagnoles, le pays rompit tout lien politique avec l'Espagne. Le conseil municipal de Santiago destitua le gouverneur colonial du Chili et délégua ses pouvoirs à une assemblée de sept personnes. Bien qu'officiellement indépendant de l'Espagne dès cet instant, le Chili resta en guérilla contre les troupes espagnoles envoyées du Pérou, qui entreprirent une reconquête de 1814 à 1817.
Dès le 4 juillet 1811, le premier Congrès national élit une junte révolutionnaire avec à sa tête Bernardo O'Higgins. D'abord battus (à Rancagua, en octobre 1814), les troupes chiliennes bénéficièrent de l'appui de l'Argentin, José de San Martín, qui lança son armée des Andes à l'assaut du Chili. Le 12 février 1817, la défaite d'une armée royaliste à la bataille de Chacabuco mit un terme au contrôle des Espagnols sur le nord du Chili.

San Martín refusa le pouvoir et fit désigner O'Higgins comme directeur suprême; un an plus tard, le 12 février 1818, le Chili proclama son indépendance. Cependant, les forces royalistes gardèrent le contrôle d'une grande partie du sud jusqu'à la bataille de Maipú, en 1818. Ce n'est qu'en 1826 qu'elles furent définitivement chassées du pays.

O'Higgins dirigea le pays en dictateur jusqu'en 1823, date à laquelle il fut obligé de démissionner face à l'hostilité populaire. La république, instaurée en vertu d'une constitution libérale, fut proclamée à l'instigation de Ramón Freire. Mais les rivalités entre les nombreux partis politiques semèrent l'anarchie jusqu'en 1830.
Le général Joaquín Prieto, à la tête des conservateurs, fomenta une révolte qui lui permit de s'emparer du pouvoir. En 1831, Prieto devint président mais la personnalité marquante du gouvernement était Diego Portales, qui occupa divers ministères. Une nouvelle Constitution, conférant d'immenses pouvoirs à l'exécutif, fut adoptée en 1833. Plusieurs fois, les libéraux échouèrent dans des tentatives de renverser les conservateurs (1835, 1851 et 1859).
Sous le gouvernement conservateur, la politique extérieure du Chili fut marquée par une série de conflits larvés avec les pays voisins, d'abord avec le Pérou et la Bolivie en 1839 (bataille de Yungay), puis avec l'Argentine en 1843. Ce dernier conflit prit fin en 1881 après avoir failli, à plusieurs reprises, dégénérer en guerre ouverte. Un traité fut alors signé et accorda la moitié de la Terre de Feu au Chili.
Par la suite, le Chili entreprit l'exploitation des riches gisements de nitrate dans le désert d'Atacama. Rejetant les prétentions de la Bolivie sur ce territoire, en février 1879, l'armée chilienne envahit le port bolivien d'Antofagasta. Deux mois plus tard, le Pérou, allié à la Bolivie, déclara la guerre au Chili, l'entraînant dans la guerre du Pacifique. Vainqueur de ce conflit en 1883, le Chili agrandit considérablement son territoire en annexant la province bolivienne d'Antofagasta et la province péruvienne de Tarapacá. Le Pérou lui céda également Tacna et Arica, au nord du désert d'Atacama, sous condition d'organiser un référendum dix ans plus tard. Bien que ne parvenant pas à se mettre d'accord sur les conditions du plébiscite, les deux pays signèrent néanmoins les clauses régissant le territoire en 1928 : Tacna devint possession du Pérou et Arica revint au Chili.

En 1891, une alliance étroite entre forces politiques et clergé catholique se rebella contre le gouvernement du président José Manuel Balmaceda, chef du Parti libéral. Sous le commandement du capitaine Jorge Montt, officier de marine, les rebelles s'emparèrent de la flotte chilienne et des riches provinces du nord. En août, ils vainquirent une armée gouvernementale à proximité de Valparaíso. La ville tomba aux mains des rebelles, de même que Santiago. Cette chute marqua pratiquement la fin de cette guerre civile qui fit plus de 10 000 victimes et des dégâts matériels considérables. Balmaceda se suicida en septembre. Une des conséquences de ce conflit fut l'orientation du régime vers un système parlementaire, accordant plus de pouvoirs au Congrès.
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